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- Ce sujet contient 25 réponses, 4 participants et a été mis à jour pour la dernière fois par
Trebor, le il y a 11 années et 4 mois.
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23 juin 2015 à 19 h 53 #12567
Trebor
ParticipantCher Lolivier,
Bien que l'on s'appuie sur les textes anciens et leur exégèse, la vérité est à chercher dans le présent, aujourd'hui même, dans la perception subtile et profonde que l'on peut avoir des pathologies auxquelles on se confronte. La vérité est au "lit du malade" et si les textes anciens ou modernes ne concordent pas avec cette vérité, ce sont les textes qui se trompent. Même si plusieurs voies sont possibles, chaque voie est soumise à la vérité des malades actuels. Si les Chinois ont élaboré des théories très anciennes auxquelles Philippe se réfère, elle sont valables parce que Philippe en tire des résultats probants, sur une large part des malades qu'il soigne et d'une manière significative dans le temps. Si les Chinois ont élaboré bianzheng, que l'on considère comme plus modernes, il doit y avoir une raison et si je m'y réfère, ce qui est valable pour Philippe, l'est pour moi. Tout le reste est de la spéculation philosophique obsolète pour le praticien que je suis, uniquement préoccupé de soulager les patients avec les cadres théoriques les plus efficaces pour eux et les plus compréhensibles pour moi. Point.
Quant à la théorie du yin feu, elle commence à me pomper l'air chaque fois qu'on essaye d'y faire cadrer un mécanisme pour nous entendre dire que ce n'est pas de ça dont il s'agit. Je comprends Philippe qui ne veut pas ou ne peut pas traduire le texte en question. Mais tant que je n'ai pas un document clair, précis, qui me permet d'y faire rentrer les pathologies que je vois aujourd'hui en clientèle, le yin feu est pour moi l'Arlésienne.
Je devrais dire désolé, mais je ne le suis pas ; c'est ma soirée yang du foie et je l'assume.
23 juin 2015 à 20 h 41 #12569
LolivierParticipantCher Trebor,
Tout le reste est de la spéculation philosophique obsolète pour le praticien que je suis, uniquement préoccupé de soulager les patients avec les cadres théoriques les plus efficaces pour eux et les plus compréhensibles pour moi. Point.
D'un côté, je souscris à votre attitude de ne valider les choses qu'à l'aune de leur efficacité pratique. La médecine, qu'elle soit chinoise ou pas, ne peut se limiter à n'être qu'un corpus de connaissances qui ne soient pas applicables.
En effet donc, [em]in fine[/em], l'efficacité compte.
Mais, de quelle efficacité parlons-nous ?
Si vous soulagez les symptômes de vos patients, êtes-vous efficace ?
Comment mesurez-vous cette efficacité ? avec la vitesse avec laquelle les symptômes disparaissent/s'améliorent ?
Si un patient se présente avec une douleur qu'il évalue à 8/10 et que vous la réduisez à 5/10 ou 3/10 ou même 0/10, avez-vous été efficace ? Ou, pour reprendre un exemple que vous citiez plus haut, si une patiente se présente avec des règles abondantes et que vous réduisez cela, avez-vous été efficace ?
Inutile de répondre à toutes ces questions, que je pose de manière rhétorique. Mais, je vais me permettre de vous en poser une autre bien réelle : au regard de votre grande expérience clinique, comment définiriez-vous ce qu'est la médecine chinoise ?23 juin 2015 à 20 h 44 #12570Trebor
ParticipantCher Olivier, vos questions n'apportent rien au commentaire que j'ai fais. Elles ne sont que des mots d'intellectuel rajoutés à d'autres mots. Pour le reste, l'évaluation, ce sont les patient mêmes qui la font.
23 juin 2015 à 20 h 50 #12571
LolivierParticipantC'est toujours un plaisir de discuter avec vous, Trebor... Mais, il est vrai que je suis tombé sur une soirée "yang du foie".
Je retenterai ma chance ultérieurement peut-être !
Bonne soirée.23 juin 2015 à 20 h 54 #12572Trebor
ParticipantPas demain, c'est le jour feu du foie.
Bonne nuit.24 juin 2015 à 5 h 02 #12573hongjia
ParticipantBonjour Trebor,
J'espere ne pas me prendre un retour de flamme aujourd'hui !
Je ne pense pas au vide de yin car les signes généraux du vide de yin ne sont pas présent :
le pouls n'est pas rapide, pas de transpiration nocturne, pas de pommette rouge ...
la gorge sèche peu s'expliquer par du TAN qui bloque les mouvement de montée du qi et sang LO et donc elle n'est pas humecté.La patiente à froid dans la colonne, en haut du dos et surtout dans le RM et RI. Depuis qu'elle fait du moxa elle se sent beaucoup mieux.
Je pense que la cause de chaleur et la stagnation comme je l'ai dit.
Mais comme je débute je peux me tromper et j'entends vos remarques constructives donc voilà comment j'explique mon bilan.24 juin 2015 à 8 h 58 #12574
Philippe SionneauMaître des clésLolivier, j’adore ton discours ! C’est chouette. Ca change. Merci.
Lolivier a écrit :
Vraiment... ? Rien de politique... ?Alors oui, tout est politique si on veut !
Ce que je veux dire c’est que ce n’est pas parce que c’étaient des communistes qu’il y a eu cette évolution de la médecine chinoise puisqu’elle a démarré bien avant que le communisme existe en Chine et que finalement le gouvernement chinois de l’époque n’a fait qu’accompagner une tendance. S’ils avaient d’un autre bord, il est possible que les mêmes choix aurait été fait. On est passé d’un enseignement de lignée familiale, de maître à disciple, à un enseignement ouvert et universitaire et tout cela sous l’influence puissante du modèle culturel occidental qui dominait et qui domine toujours le monde. Ceux qui critiquent systématiquement le système chinois contemporain, oublie tous une chose : ces salopards de communistes, ils ont sauvé la médecine chinoise et si nous pouvons en débattre aujourd’hui, si nous pouvons la pratiquer de manière assez large, c’est parce que les républicains du début du 20ème voulait interdire, faire disparaître la médecine chinoise… Et il y aurait pu sans doute des dégâts et tous les leaders occidentaux depuis les années 70 n’auraient pas pu aller en Chine étudier la médecine chinoise. Yaron serait sans doute naturopathe et moi je vendrais des frites en bord de plage. J’encourage ceux qui veulent savoir ce qui s’est passé à cette époque-là de lire ce petit article : http://sionneau.com/files/communisme&mc;_sionneau_com.pdfLolivier a écrit :
Je suis d'accord. L'évolution date en effet de la charnière entre le 19ème et le 20ème siècle. En fait cette transition s'est faite en plusieurs étapes avec, à chaque fois, des influences différentes. Mais, je persiste à penser qu'il y a également eu une étape sous "influence" communiste. Je ne dis pas qu'il s'agissait d'une influence "malveillante", mais la considérer comme neutre de toute arrière-plan politique et uniquement motivée par le bien-être du "peuple" (tiens, tiens...) me paraît hardi.Je ne pense pas que ceux qui ont le pouvoir se souci d’abord du bien-être du peuple. Ce que je crois c’est que probablement Mao a sauvé la médecine chinoise de son interdiction annoncée par les républicains. Et que l’évolution de la médecine chinoise à ce moment-là a été assez peu dictée par de l’idéologie marxiste mais par un processus qui était déjà en marche depuis au moins 5 décennies, et sous l’influence du modèle occidental (tant la médecine occidentale elle-même que l’organisation universitaire de l’enseignement médical en Occident).
Lolivier a écrit :
Bien sûr. Je ne considère d'ailleurs pas cette approche comme étant un "style". Mais, permets moi de te poser la question : est-ce que plus c'est ancien et meilleur c'est ?
Je pense que nous avons tous plus ou moins ce schéma de pensée en tête lorsqu'il s'agit de médecine chinoise : l'idée d'un "Age d'Or" de la MC vers lequel il convient de tendre encore et encore.Le souci c’est que la médecine chinoise, en Chine, pensée par des chinois de la dynastie des Zhou, soutenus par ceux des Han et suivi au moins jusque sous les Qing, pose cet axiome de « l’Age d’or » dès… le chapitre 1 (UN) du Sù Wèn. Donc, il faut que nous y fassions, l’idée sous-jacente est que les Anciens étaient des sages qui avaient la maîtrise de leur vie. Chaque société sécrète ses propres mythes fondateurs pour développer la créativité humaine. Car ce qu’il faut savoir c’est que ce mythe de l’Age d’Or n’est pas castrateur. A l’inverse il a favorisé la recherche depuis au moins 2500 ans ! Donc par essence, la médecine chinoise des origines est supérieure à celle d’aujourd’hui. C’est d’ailleurs ce que soutiennent inconsciemment les personnes qui critiquent la médecine chinoise de notre époque.
Lolivier a écrit : Les styles, les écoles, les maîtres ont été nombreux durant la longue histoire de la MC. Les querelles, paradoxes et erreurs également par voie de conséquence. Alors où chercher la vérité ? Dans les textes anciens ? Dans les manuels universitaires chinois ?
Mais je pense que c’est une erreur de croire qu’il y a UNE vérité. Je pense qu’il y a quand même une représentation particulière de l’être humain, de sa physiologie, de ses pathologies qui a produit différents styles médicaux qui ont presque tous une efficacité certaine. Le style universitaire chinois est une lecture des textes anciens. On peut en avoir une autre. J’en ai une autre. Mais cela ne rend pas caduque cette approche universitaire contemporaine qui a permis à tout le monde d’étudier et de pratiquer la médecine chinoise. A partir du moment où il y a un respect des idées clés développées dans les grands textes fondateurs, on a le droit d’en avoir une lecture particulière et de créer sa propre méthode thérapeutique afin, au final, de soigner les patients. Et c’est ce qu’on fait Liú Wán Sù, Lǐ Dōng Yuán, Zhū Dān Xī et mille autres grands médecins qui ont pris l’une des théories des Anciens et l’on développée de manière spécifique. Pour moi ce qui n’est pas valide c’est le développement de théories qui ne s’adosse pas à des principes traditionnels, qui n’appartiennent pas à la culture chinoise.
Je suis pour qu’il y ait différents styles de médecine chinoise à partir du moment où ils s’appuient sur les concepts fondateurs de la civilisation chinoise et de la médecine chinoise.
24 juin 2015 à 19 h 51 #12581Trebor
ParticipantJ'accepte vos explications toanv26 et vais y réfléchir. J'ouvre un nouveau blog sur les questions que vous m'avez posées afin de ne pas surcharger celui-ci.
25 juin 2015 à 6 h 32 #12582Trebor
ParticipantMerci Mr Breton, après une première lecture, je peut dire que ça commence à être plus clair et d'une grande subtilité. L'article est à lire et relire.
Je dois traiter certains patients en acupuncture de la manière dont c'est décrit, en me rendant compte du mécanisme intuitivement, sans savoir qu'il s'agit du yin feu. Maintenant, je vais faire plus attention au cadre théorique.
Ceci dit, je pense que le corps humain n'est pas du tout adapté à la réalité économique du monde actuel. L'agitation mentale, émotionnelle, sexuelle, alimentaire, l'hyper-activité, l'éternelle jeunesse prônée comme hédonisme, ne doit pas faciliter les résultats thérapeutiques par acup ou pharma. De ce fait, probablement que le yin feu est plus fréquent qu'on ne le croit.25 juin 2015 à 14 h 44 #12583
Philippe SionneauMaître des clésTrebor,
Il y a une autre explication du mécanisme du feu yin que donne le grand spécialiste Tian He Lu.
L'insuffisance du feu ministre (shao yang) entraine une faible de la rate qui ne produit plus suffisamment de sang ce qui provoque une agitation du feu monarque (pour les raisons que vous connaissez tous => trigramme Li). Le feu du coeur est le feu yin. Bu Zhong Yi Qi Tang n'est vraiment pas la formule clé de Li Dong Yuan. Beaucoup d'autres sont utilisées par le troisième maître de la dynastie Jin/Yuan. Dans tous les cas, comme Zhang Jie Bin plus tard, comme Zhang Zhong Jing avant lui, le Yang Qi, le foyer central sont considérés comme essentiel à une bonne santé.25 juin 2015 à 15 h 58 #12584Trebor
ParticipantPhilippe,
Maintenant que je commence à comprendre ce cadre théorique, je dois ; d'une part, repérer les patients qui correspondent ; d'autre part, découvrir le Tt en acupuncture. J'ai trois catégories de diagnostiques : ceux qui sont faciles à faire d'emblée ; ceux qui demandent quelques séances pour les finaliser ; ceux, les plus rares heureusement, pour qui il manque toujours quelque chose qui ne colle pas. Il y a donc des situations qui sortent des cadres théoriques connus de bianzheng et celles-ci sont celles qui m'interpellent ; le yin feu en fait partie probablement. C'est la physiopathologie et le diagnostic qui m'intéressent, le Tt d'acupuncture vient après.
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