Théories fondamentales
4 min de lecture
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Par Philippe Sionneau
Tiré de la formation « L'esprit de la médecine chinoise » 2006-2007
Signification du terme zōng qì 宗气Dans zōng qì, nous savons que qì 气, signifie qì. Pour le terme zōng, 宗, c'est un peu plus complexe. En effet, une des significations de ce caractère est « ancêtre, ascendant, maître, temples des ancêtres, clan… » C'est ce qui amène certains à traduire ce terme par énergie ancestrale ou des ancêtres. Je pense qu'il s'agit d'un choix inadapté basé sur une très mauvaise compréhension du concept zōng qì 宗气. Car comme nous le savons, zōng qì est un qì qui provient de l'environnement. C'est un qì totalement « acquis ». C'est celui qui est le moins en rapport avec la lignée familiale et le ciel antérieur, comme peut l'être au contraire le qì originel (yuán qì 元气). En outre, zōng 宗signifie aussi « fondamental, essentiel ». Il serait acceptable d'utiliser le terme « qì essentiel », car il est produit par le jīng des aliments et le qì de l'air. Cependant, selon les experts chinois, zōng, dans ce contexte précis, signifie : « confluer, converger, se réunir », « réunir, rassembler, englober, lier ». Nous sommes loin du culte des ancêtres !
Dans la langue courante, en français, confluent signifie le lieu où deux cours d'eau se réunissent. En anatomie, c'est le point de rencontre de deux vaisseaux. Or, zōng qì naît bien de la convergence de deux qì : le qì du ciel et le qì de la terre. Zōng qì est la réunion de deux qì qui en forment un seul. C'est pourquoi, j'ai opté pour la traduction « qì confluent » qui exprime bien la réunion de deux forces en une seule.
D'autres expressions en médecine chinoise votent en faveur de cette traduction. Par exemple, « zōng jīng 宗经 » signifie convergence ou confluence des méridiens ou méridiens convergents ou confluents, c'est-à-dire des régions où de nombreux méridiens convergent comme la tête, le poumon…
« Zōng mài 宗脉 » signifie convergence ou confluence des vaisseaux ou vaisseaux convergents ou confluents, c'est-à-dire les zones où les vaisseaux et méridiens se rassemblent et s'assemblent (comme par exemple les yeux, les oreilles…). Le chapitre 28 du Huáng Dì Nèi Jīng Líng Shū dit par exemple : « l'œil est un lieu d'accumulation de vaisseaux convergents (confluents) » et « Le centre de l'oreille est un lieu d'accumulation de vaisseaux convergents (confluents) ».
« Zōng jīn 宗筋 » désigne les organes génitaux externes. A mon sens, on traduit à tord cette expression par la séduisante traduction « tendon des ancêtres ». C'est poétique et érotique mais inadapté. Car elle signifie plutôt « confluence des tendons » ou « convergence des tendons » du fait que les méridiens tendineux du foie se rassemblent pour diffuser dans tout le pénis et les testicules, représentant ainsi une convergence de méridiens/tendons (Jing Jin). En outre, les méridiens tendineux (jīng jīn 经筋) de la rate et des reins rejoignent également celui du foie dans les organes génitaux externes… Il s'agit bien d'une zone de confluence de méridiens.
Le chapitre 45 du Huáng Dì Nèi Jīng Sù Wèn dit : « Le yīn antérieur (i.e. les organes génitaux externes) sont un lieu d'accumulation de tendons confluents ». Zhāng Zhì Cōng dit très clairement dans le Huáng Dì Nèi Jīng Líng Shū Jí Zhù (Annotations à propos du pivot spirituel du classique interne de l'Empereur Jaune) : « Ce qu'on appelle zōng mài 宗脉 (confluence des vaisseaux), c'est la confluence des cent vaisseaux, les cents vaisseaux sont gouvernés par le cœur shǒu shào yīn 手少阴 et se réunissent dans le poumon shǒu tài yīn 手太阴 ».

Ce choix de terminologie est également corroboré par l'un des plus grands classiques de la civilisation chinoise, le Shū Jīng (Classique des documents) qui donne à zōng 宗 le sens de : converger, s'assembler, se réunir… Certains dictionnaires chinois de référence, tels que le Cí Yuán 辞源 (Origines des termes) sont en accord avec cette idée. Doit-on encore hésiter à traduire zōng qì par qì convergent ou qì confluent ? Les traductions qì essentiel, qì fondamental, qì pectoral, qì ancestral sont trop loin de la signification médicale chinoise pour être retenues.
Il est à noter que certains classiques appellent aussi le qì confluent « dà qì 大气 », c'est-à-dire le grand qì. « L'espace entre les deux seins, on l'appelle dàn zhōng (膻中). Dàn zhōng, c'est l'endroit où se trouve le grand qì (dà qì 大气). Le grand qì est aussi appelé qì confluent (zōng qì 宗气) », (Jìng Ān Shuō Yī - Explications sur la médecine de Jing An).
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